Check-list : bien commander un relevé
« Merci de relever l’existant, rendu en maquette Revit » n’est pas une commande, mais une invitation à recevoir trois offres incomparables. Le moins-disant est alors en général celui qui a le moins chiffré, et la différence revient sous forme d’avenant.
Cette liste indique les éléments qui déterminent réellement le prix. En les fixant à l’avance, vous obtenez des offres sur la même base et vous évitez la discussion à la livraison.
21 points de contrôle en 4 sections
- Pour qui
- Architectes, bureaux d’études, promoteurs, acheteurs publics
- Quand
- Avant l’envoi de la consultation ou du descriptif des prestations
- Effort
- 15 minutes
- Résultat
- Des offres qui couvrent le même périmètre
2.1
Objet et périmètre
La première question conditionne toutes les autres : à quoi serviront les données ?
Usage prévu indiqué
Dossier de permis de construire, études d’exécution, décompte des surfaces, préfabrication, mise en place d’un CAFM ou documentation patrimoniale. La précision, le niveau de détail et le format de livraison découlent de l’usage. Sans lui, chaque soumissionnaire devine.
Volumétrie indiquée
Surface de plancher brute sur tous les niveaux, nombre de bâtiments et de niveaux, nombre de locaux s’il est connu. « Environ 4 000 m² de surface brute sur trois niveaux, quelque 120 locaux » se chiffre ; « un immeuble de bureaux », non.
Délimitation : intérieur, extérieur ou les deux
La façade, les toitures, les abords et le terrain sont-ils inclus ? Le relevé extérieur est une étape à part, avec sa propre méthode, souvent par drone.
Lots définis
Architecture seule, ou également structure et équipements techniques ? Les équipements techniques augmentent nettement l’effort de modélisation ; il faut donc les inclure ou les exclure explicitement.
Accessibilité décrite
Exploitation en cours, site occupé, travail posté ou bâtiment vacant. Un relevé de nuit dans une clinique ne se chiffre pas comme la même surface dans un bâtiment vide.
2.2
Niveau de détail et précision
C’est ici que naît la plus grande partie des écarts de prix, et ici que la formulation est le plus souvent trop imprécise.

Niveau de détail fixé par lot, pas globalement
« LOD 300 » seul n’est pas une commande. La répartition courante et pertinente : architecture et structure en LOD 300, équipements techniques en 200 ou 250. Commander tout en 300 de manière globale, c’est payer du détail là où personne ne l’utilise.
Écart admissible et méthode de contrôle convenus
Une maquette de l’existant est considérée comme terminée lorsqu’elle se situe dans la tolérance convenue par rapport au nuage de points. Si cette tolérance ne figure pas au contrat, il manque à la réception la référence que les deux parties peuvent invoquer.
Choix arrêté : redressé ou fidèle aux déformations
Le cas courant est la maquette redressée, avec des murs d’aplomb et des planchers plans. On modélise fidèlement aux déformations là où la déformation elle-même est l’information : sur un monument historique, dans une charpente ancienne, pour l’évaluation de la structure. C’est une méthode à part, avec sa propre charge de travail.
Liste des éléments jointe
Ce qui ne figure pas sur la liste n’est pas modélisé. Points de litige typiques : faux plafonds, retombées de poutres, gaines, garde-corps, appuis de fenêtre et complexes de sol.
Attributs nommés par élément, avec indication de provenance
Le scan fournit ce qui est visible. La composition des couches, le matériau derrière la surface, l’année de construction ou la classe de résistance au feu proviennent de documents, d’un sondage ou de nulle part. Exigez l’indication : mesuré, repris ou supposé. Une maquette où tout paraît également sûr est plus dangereuse qu’une maquette aux lacunes assumées.
Les cinq lignes qui rendent les offres comparables
Niveau de détail par lot · liste des éléments à modéliser · attributs exigés avec leur provenance · formats de livraison, neutres et natifs · règle de contrôle par rapport au nuage de points avec écart admissible.
Vous n’avez pas à rédiger ces cinq lignes vous-même. Notre standard de dessin et de modélisation définit les niveaux de détail par catégorie d’éléments, les tolérances avec leur méthode de contrôle et les formats de livraison. Joint au dossier de consultation, il fait chiffrer à tous les soumissionnaires le même périmètre.
2.3
Livraison et formats

Livrables énumérés un par un
Nuage de points, jeu de plans 2D avec plans d’étage, coupes et élévations, maquette de l’existant, carnet des locaux, tableau des surfaces, visite virtuelle. Chaque poste séparément, car chacun a sa propre charge.
Formats indiqués par livrable
Maquette en natif dans le système cible, donc RVT pour Revit ou PLN pour ArchiCAD, et en plus en IFC. Plans en DWG et PDF, carnet des locaux en Excel, nuage de points en E57 et, sur demande, en RCP pour Autodesk ReCap. L’IFC seul suffit rarement, car des paramètres se perdent lors de l’échange.
Système de coordonnées et référence altimétrique fixés
Système local ou référence officielle en ETRS89 avec projection UTM et altitudes en DHHN2016. Pour tout ce qui sera mis à jour plus tard ou fusionné avec des données voisines, la référence officielle se justifie dès le départ. Recaler après coup demande plus d’efforts que mesurer juste d’emblée.
Charte CAO jointe, si elle existe
Structure des calques, cartouche, échelle, règles d’annotation et formats de feuille. S’il n’existe pas de charte, précisez si le dessin suit notre standard. Les deux sont possibles, mais restructurer après coup a un coût.
Normes de surface indiquées
DIN 277 pour les surfaces de plancher, plus le règlement allemand sur les surfaces habitables (WoFlV) pour le résidentiel et MF-GIF pour les surfaces locatives tertiaires. Quelle surface vaut pour quoi doit être clarifié avant le calcul, pas au moment du décompte.
Livraison type convenue avant la série
Pour plusieurs sites : un bâtiment en amont, avec plan type et maquette d’essai, puis validation du cartouche, des calques et des attributs. Une erreur sur un site est une correction ; la même erreur sur quarante sites est un projet à part entière.
2.4
Aspects contractuels
Droits d’utilisation du nuage de points et de la maquette réglés
Le nuage de points est l’actif : des années plus tard, de nouvelles exploitations en sont tirées sans que personne ne se déplace à nouveau. Faites-vous accorder par écrit un droit d’utilisation sans restriction, y compris la transmission aux autres intervenants du projet.
Archivage et disponibilité clarifiés
Qui conserve les données brutes, combien de temps, et comment y accéderez-vous dans cinq ans ? Le nuage de points d’un bâtiment atteint vite plusieurs dizaines de gigaoctets ; ce n’est pas une affaire de pièce jointe.
Traitement des zones inaccessibles convenu
Voir la Check-list 01 : relevé complémentaire, reprise depuis des documents ou omission avec mention. La règle a sa place dans le contrat, pas dans le procès-verbal de réception.
Délais avec étapes intermédiaires
Relevé, nuage de points, livraison type, livraison complète. Le relevé est la plus petite partie ; le temps se passe dans le traitement. Un planning réaliste indique les deux séparément.
Interlocuteurs désignés des deux côtés
Une personne de chaque côté qui tranche les questions de manière contraignante. Les questions techniques pendant la modélisation sont normales. Si elles attendent deux semaines une réponse, le projet est à l’arrêt.
Le standard pour votre consultation
Nous joignons notre standard de dessin et de modélisation à votre dossier de consultation. Il décrit tous les niveaux de détail par catégorie d’éléments, les tolérances et les formats.
Demander le standardCheck-list en PDF (en allemand)
Cette aide pratique reflète ce qui a fait ses preuves dans nos projets. Elle ne remplace ni un conseil juridique ni une concertation propre au projet. État : octobre 2026.